Petites mains
meurtriesPar la vie, par les bêches. Elles n'ont pu encore s'imaginer Ce qui leur manque pour grandir. Qu'est devenu, crayon, gomme, Abécédaire? Elles dorment si fatiguées Qu'elles sont insensibles A la raideur du grabat qui les accueille, Au froid qui les saisit, A la faim insatisfaite Par les miettes des écuelles. Rêvez, petites mains, rêvez De palais enchantés, Remplis de gnomes joyeux Et d'anges zélés. Jouez avec eux... Car bientôt, Dès demain, Vous ne pourrez plus jouer. II vous faudra travailler! |
| (c'est là mon cri de révolte face au travail des enfants au Brésil) |