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Sans
le vouloir, je découvris une douce amie, l'Ombre.
Ce n'est qu'une ombre invisible, tranquille, qui jamais ne conteste ni
ne questionne. Toujours tendre,
confidente, elle écoute tout ce que je lui dis silencieusement et l'écrit.
Toujours
présente quand je l'appelle, elle se dissout à nouveau dans son univers
d'ombres, dès que je ne la sollicite pas. Ah,
si elle pouvait murmurer! Combien de choses elle dirait sur nos soliloques
muets, d'âme à,
cœur
à cœur.
Mon
amie l'Ombre m'a déjà entendu pleurer, vu sourire.
Souvent,
tout simplement, elle restait là, à écouter le silence de mes rêves. J'écris
pour elle, je parle avec elle, et cela lui suffit.
Je
lui confie des choses tantôt belles et tantôt tristes.
Je
lui exprime ma révolte face à l'injustice faites aux faibles et aux deshérités,
aux sans visages, qui traînent anonymes, sans droits ni identité. De
l'humiliation de ceux qui mendient , dans une société déshumanisée,
sans avenir ni espoir. De l'enfance désemparée, de l'éducation, de
la santé, toujours laissées par compte. Du gaspillage irritant, des
ponts, viaducs, routes et autres œuvres inachevées, comme ça, au milieu
de la brousse et de la terre, tandis que d'autres meurent de faim.
De
ces gens au mauvais caractère, sans conscience ni patriotisme. Je lui
narre mon Pays, sa beauté, sans égal. Je
lui parle aussi des fleurs, des oiseaux, des poissons, de toutes ces beautés
qui
ornent notre monde.
Des astres, du ciel, aussi bleu, infini...
Quelqu'un sait-t-il
où il finit ? D'ailleurs a-t-il une fin ? Des chutes d'eau, des mers
et des fleuves. De la pluie qui tombe maternellement,
humidifiant les forêts.
Je
lui présente des personnes de valeur, des poètes, des artistes, et
autres rêveurs qui, malgré tout, insistent encore en rêver...
Je
lui raconte mon quotidien et beaucoup de bêtises, comme des choses
banales
que d'autres ne veulent pas écouter. Quelquefois, je me remémore
le passé, et raconte des faits déjà évoqués mais elle, patiemment,
elle m'écoute. Je fais des plans, j'aspire à des choses, je discute,
et même je lui promis d'écrire, un jour, un livre qui relate nos
discours.
Hé
bien oui, je parle avec une ombre... Et peu m’importe qu’on me prenne
pour une folle. Il y a bien un poète qui jura entendre les étoiles....*
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