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Préhistoire

Patrice Bréant

Le vent, de rage,
    debout, falaises à pic :
d'immenses parterres
          déflorés d'orties,
                    à perte de nuit...

D'immenses silences...

Vagues et collines trahies d'or terrible,
          lierres et rouges
              qui serpentent
      à même le thym
                   et la bruyère...

Ravines gercées de glaise,
          effrayées d'éclats brutaux :
pentes abruptes
                 telles que...

La nuit, il y a longtemps,
           qu'un ciel délavé
maria aux premières pierres de l'aube...

Petits matins frileux,
           sans sommeil, honteux...

Cent mille effraies furieuses, éparpillées :
          cette pluie comme peinte
sur le mur d'un ciel d'hiver,
comme un peu de vent gaspillé...

On tue des gens
           qui n'ont rien fait...

Tout ce que le coq sait,
           il le sait
                 du rire fou ébouriffé
des grands arbres qui bougent...