C'est la plus belle des rivières
Le fleuve de la memoire
Je marche sur tes rives, Vltva
J'ai peut-être mille ans
Mais plus sûrement cent ans
Le jupon de ma robe frôle ton quai
Je t'entends derrière moi quand je passe le pont
Lorsque je m'en vais vers la ruelle des orfèvres
Quand je croise le poète au regard noir
Tu sais, mon immense ruisseau, celui qui se prend pour un insecte
Monte vers le château
Le tout petit fonctionnaire
Celui dont une orchidée crève le souffle et l'espoir
Qui écrit : "C'est pour ça qu'on aime les libellules".
Je m'en reviens vers toi, après avoir vu les arbres
Je passe devant le roi Charles
Les cygnes me dedaignent
Je me moque de cela
Au bout des rues m'attendent les enfants de Therensiensdat
Petite Sarah, ton dessin jaunit à tout jamais sur le cahier
Mais toi, tu me souris
Tu me fais signe
Je t'emmène dans le pays de ma memoire
Là ou les enfants ne meurent pas sur les rives de la Vltva.